La consignation électrique : un réflexe essentiel de sécurité

Afin d’assurer la sécurité des différents usagers d’une installation électrique, la consignation de plusieurs appareils ou de certaines parties de cette installation peut s’avérer nécessaire. Quelques explications pour mieux comprendre le fonctionnement du processus et de ses différentes étapes.

Qu’est-ce que la consignation électrique ?

La consignation d’un appareil électrique est requise en cas de travaux ou d’interventions à réaliser hors tension, pour la mise en sécurité des usagers concernés. Elle consiste donc à couper l’arrivée d’énergie pour empêcher tout accès à certains équipements lorsqu’ils ne sont plus en fonctionnement. En effet, le risque existe qu’un appareil, même arrêté, soit toujours alimenté par le courant, par erreur.

Pour une consignation électrique réussie, il est important de suivre les étapes suivantes.

Première étape : la séparation

La séparation consiste à isoler un appareil de toute source de tension en amont et en aval. Cette étape peut se faire de plusieurs manières selon la configuration de l’installation électrique.

L’alimentation en énergie peut alors être empêchée par :

  • l’enlèvement du fusible ou des pièces de contact correspondants
  • la dépose du pont
  • le blocage du transfert grâce à des dispositifs de séparation
consignation electrique fusible

Deuxième étape : la condamnation

La condamnation correspond au blocage de l’accès à l’installation électrique, pour rendre impossible toute manœuvre de l’organe de séparation. Elle se fait par le biais du verrouillage de l’installation, qui doit être effectué au moyen de matériel dédié, à la fois difficile à neutraliser et simple à identifier.

Un cadenas ou une serrure, accompagnés d’une étiquette ou d’une pancarte signalant la condamnation du matériel, sont généralement conseillés.

Troisième étape : la vérification d’absence de tension

La vérification d’absence de tension permet de s’assurer que les étapes précédentes ont été correctement mises en œuvre. Celle-ci doit être réalisée, le plus près possible de la zone d’intervention, sur tous les éléments conducteurs actifs de l’installation électrique.

Un outil spécifique sera nécessaire : il s’agit d’un vérificateur d’absence de tension (VAT), régi par des normes de sécurité. Il en existe trois catégories :

  • le détecteur haute tension de type capacitif (norme NF EN 61243-1)
  • le détecteur haute tension de type résistif (norme NF EN 61243-2)
  • le détecteur basse tension de type bipolaire (norme NF EN 61243-3)

Bon à savoir : les appareils d’évaluation de la tension à distance, tels que les voltmètres classiques, ne sont pas des VAT au sens de la réglementation.

Quatrième étape : la mise à la terre et en court-circuit

Cette dernière étape de dissipation consiste à évacuer les potentielles énergies résiduelles présentes dans l’installation électrique. Immédiatement effectuée après constatation de l’absence de tension, la mise à la terre et en court-circuit (MALT / CCT) concerne tous les conducteurs actifs, y compris le neutre.

Son objectif est d’éviter toute réalimentation de l’installation, en amont ou en aval, afin de protéger des effets de l’induction électromagnétique et du couplage capacitif.

De même que pour la vérification d’absence de tension, les appareils à utiliser pour cette opération doivent être spécifiques et répondre aux normes en vigueur.